À l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, célébrée le 10 octobre, le CFDA a organisé, aux côtés de la World Coalition Against the Death Penalty, du CS-LADDH et de Riposte Internationale, et avec le soutien de la FIDH, une conférence consacrée à une question particulièrement d’actualité, intitulée :

Peine de mort : la fin du moratoire en Algérie ?
Histoire, droit et pratiques contemporaines

Cette rencontre s’est tenue au tiers-lieu Mundo-M, dans un contexte particulièrement préoccupant pour les droits humains en Algérie. A la suite des incendies survenus en août 2026 dans le nord-est du pays, le président de la République algérienne a ordonné une révision du Code pénal et annoncé que les personnes condamnées pour incendies volontaires seraient exécutées une fois leurs recours épuisés.

La réforme, adoptée le 1er octobre par l’Assemblé Nationale Populaire, puis par le Conseil de la Nation, et publié au Journal Officiel, a suscité des nombreuses interrogations. Son adoption sans débat public ni concertation avec la société civile renforce les inquiétudes quant aux conséquences de cette décision sur les droits fondamentaux et à l’avenir du moratoire sur les exécutions en vigueur en Algérie depuis 1993.

La conférence a été introduite par Nassera Dutour, présidente du CFDA, qui a rappelé le contexte algérien de la peine de mort et la question des personnes disparus.

En suite Nicolas Picard, professeur agrégé d’histoire spécialiste de la peine de mort, a proposé une mise en perspective historique en établissant des parallèles entre l’actuelle Algérie et certaines évolutions législatives françaises, permettant d’interroger les mécanismes politiques et juridiques qui entourent le recours à la peine capitale.

Plus tard, un avocat algérien, a analysé les modifications au Code Pénal et les implications juridiques de la nouvelle loi. Son intervention a permis de mieux comprendre la portée de cette réforme et ses conséquences potentielles.  

Aurélie Plaçais, directrice exécutive de la World Coalition Against the Death Penalty, a apporté un éclairage de la situation sur la peine de mort à l’échelle internationale et sur les mobilisations en faveur de son abolition. Elle a également déconstruit les stéréotypes et les idées reçues qui persistent autour du recours à la peine de mort comme forme de punition.  

Plus tard, Houria Benaziza, proche de disparus, a partagé son regard sur les difficultés et les répercussions humaines des décisions de l’état et les inquiétudes qu’elles peuvent susciter au sein de la population , surtout en tant que personne engagé.

Et nous avons finalisé avec Albert Marquès, musicien et compositeur, intervenu à distance, qui a présenté le projet Freedom First, qu’il a co-créé avec Keith LaMar.

Keith LaMar est un homme afro-américain qui clame son innocence depuis 1995 et a été condamné à mort aux États-Unis. Son exécution, initialement prévue en janvier 2027, a été reportée à 2030. À travers le projet Freedom First, la musique et la création artistique deviennent des moyens de porter sa voix, de témoigner de son combat et de maintenir un lien avec le monde extérieur malgré l’isolement et la souffrance liés à l’incarcération dans le couloir de la mort.

La conférence s’est achevée par un temps d’échange avec le public, qui a permis de prolonger les réflexions sur la situation en Algérie, les conséquences de la nouvelle réforme et les perspectives de mobilisation contre la peine de mort.